La lumière " chère aux vivants "

Avec quel bonheur, l'écrivain retrouve la lumière... une lumière qui ruisselle, animant rochers, algues, herbes q'il nous décrit amoureusement : chaque élément est accompagné d'une image. Métaphore ou comparaison propre à nous enchanter, à nous faire voir ou entendre les vies incessantes qui frissonnent dans le ruisseau :

" Le ruissellement de la lumière, déjà si charmant sur les pierres nues qui pavent le lit du ruisseau, l'est bien davantage encore là où le fond est caché par la multitude des plantes aquatiques. Les roches, recouvertes par l'eau, sont tapissées de mousses d'un vert sombre aux reflets d'argent ; les algues délicates qui forment le limon sont soulevées en pyramides par les bulles d'air qui se dégagent des sables et qui, semblables à des ballons enveloppés d'immenses cordages, brillent comme des perles sous le réseau frémissant des fibres soyeuses. Des faisceaux d'herbes, déployés en longues chevelures, ondulent en courbes serpentines sous l'effort du courant : avec le flot rapide, elles frétillent d'impatience ; avec les nappes d'eau presque immobiles, elles se déroulent majestueusement ; mais, lentes ou pressées dans leurs ondulations, elles fuient sous le regard à cause de leurs nuances variées, changeant incessamment de la blancheur mate au vert foncé. "

Ch. XII. La Promenade



Lac dans la montagne.