Vers l'anarchie

Au terme de l'année universitaire, Elisée rejoint Elie à Strasbourg où ils décident de faire à pied le voyage jusqu'à Orthez... Passant par Montauban, ils s'arrêtent chez des amis où Elisée, pris d'inspiration, écrit Le développement de la liberté dans le monde. Cet écrit contient une profession de foi libertaire enflammée. " Notre but politique (...) c'est dans chaque nation, l'abolition des privilèges aristocratiques, et dans la terre entière, c'est la fusion de tous les peuples ". Notre destinée, c'est donner à cet état une perfection idéale où les nations n'auront plus besoin d'être sous la tutelle d'un gouvernement ou d'une autre nation ; c'est l'absence de gouvernement, c'est l'anarchie, la plus haute expression de l'ordre". Malgré l'ardeur qui l'anime, cette profession de foi, où l'on retrouve les aspirations de Lamennais, ne se maintiendra pas dans son intégralité car les temps de l'exil sont proches


Dictionnaire de la Commune

Elisée part et après plusieurs voyages, il achète une plantation en Nouvelle-Grenade (Colombie). Mais il est indigné en voyant "Les pasteurs blancs" qui recommandent aux esclaves noirs d'obéir, sans murmurer, de recevoir les coups de fouet, sans éprouver le moindre sentiment de vengeance et de bénir ceux qui les frappent" et se sentant coupable, il préfère rompre.

Il rentre en France en 1857, sa passion pour la géographie l'envoie au premier rang des géographes mais il ne néglige pas pour autant de nouer des relations avec les Théoriciens et des militants socialistes. En 1860, il participe au "Congrès de la paix et de la liberté" de Berne où il déclarera pour la première fois son adhésion aux principes de l'anarchisme.

En avouant son attachement à l'anarchisme, il rompt définitivement avec le protestantisme.